Les fonds souverains, ces investisseurs publics de Chine, du Qatar, de Dubaï ou de Russie qui gèrent l’épargne nationale en investissant dans des placements divers, représentent une manne
financière considérable. Ces fonds étatiques ont géré près de 3 500 milliards de dollars d’investissements en 2007 (soit 2 235 milliards d’euros). Un chiffre en hausse de 24% par an au
cours des trois dernières années. Leur fortune pourrait dépasser le produit intérieur brut (PIB) des Etats-Unis en 2015, et celui de l’Union européenne d’ici 2016.
Leurs ressources proviennent d’une part des dividendes issus des prix élevés du pétrole, et d’autre part, des excédents commerciaux des pays asiatiques. La Chine numéro 1 mondial dispose d’une
force de frappe de 1 200 milliards de dollars de réserves de change. Elle est suivie de la Russie et du Koweït.
Ces dernières années, les fonds souverains qui ont connu le plus fort développement ont été ceux du Nigeria, d'Oman, du Kazkhstan et de l’Angola, grâce à leur vaste réserve de
pétrodollars.
Ces fonds souverains sont au cœur du système financier international, 93% de leurs investissements ont été dirigés vers le secteur financier occidental en 2007. Ils se sont portés au secours
d’établissements bancaires américains et européens dans la crise des subprimes en apportant plus de 40 milliards de dollars.
Les fonds souverains ont également investi massivement dans des entreprises. Au total, ils ont représenté 35% des fusions-acquisitions mondiales en 2007. Dernier exemple en date, le fonds chinois
CIC (China Investment Corporation) est entré en avril dernier au capital du groupe pétrolier français Total.
La montée en puissance de ces fonds inquiète les pays occidentaux et l’OCDE, le FMI, la Commission européenne recommandent plus de transparence dans leur fonctionnement et leurs stratégies
d’investissement. Certains accusent ces fonds d’être des outils au service d’intérêts politiques des Etats dont ils émanent et non pas des investisseurs tournés uniquement vers la recherche de
profits financiers.
Les recommandations sont entre autres la publication des portefeuilles de ces fonds, la composition des avoirs et de l’origine des ressources, un rapprochement vers le modèle norvégien qui obéit
à des règles strictes en excluant les fabricants d’armes et les groupes coupables de violation des droits de l’Homme, de corruption ou de dégradation de l’environnement.
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